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ci-dessous des articles envoyés au Front de Gauche de Suresnes
envoyé par Sadok BEN MABROUK
Chaque bombardement, chaque destruction d’école ou d’hôpital, chaque acte de cruauté commis par Israël, en toute impunité, contre la société civile palestinienne, constitue un viol des valeurs de civilisation fondamentales qui sont les nôtres, et nous viennent, rappelons-le, de Jérusalem comme de la Grèce, dans cette Méditerranée ensoleillée qui fut le berceau de nos valeurs européennes, et de l’Occident lui-même.
Mais, chaque fois qu’une de ces horreurs se répète sous les yeux « consternés », des bureaucrates de l’U.E., qui « déplorent », et « déplorent », allant parfois jusqu’à se risquer à « condamner », c’est aussi, trivialement, un peu de l’argent du contribuable, un peu de la solidarité matérielle et financière des travailleurs européens qui s’envole en fumée.
Alors que les Etats-Unis eux-mêmes – les Etats-Unis de Barack Hussein Obama, lassés, à juste titre, d’aggraver leur crise financière, devenue aussi la nôtre, en soutenant à fonds perdus le pouvoir raciste de Tel Aviv - viennent enfin de cesser, cette année, toute aide économique à Israël, continuant à verser, mais pour combien de temps?, quelque 14 milliards de dollars par an d’aide militaire,sous forme de « prêts », non remboursables, l’attitude de l’Union Européenne, ruinant les valeurs historiques de l’Europe, n’est pas seulement hypocrite. Elle n’est pas seulement lâche. Elle est stupide. Elle encourage Israël, fort de cette impunité scandaleuse, dans son arrogance, source de ses forfaits. Elle aura tôt ou tard des conséquences aussi, en Europe même, où, à la longue, elle finira par provoquer, d’abord chez les millions d’euro-méditerranéens que sont les travailleurs d’origine maghrébine, ou turque, sur le sol européen, et leurs familles, ensuite chez tous les citoyens de bon sens, une véritable intifada électorale, voire une intifada fiscale : le refus organisé et collectif de payer des impôts pour que l’argent transformé en rues, en routes, maisons, en bâtiments d’accueil et de soins pour réfugiés, en établissements religieux, en églises, en mosquées et en théâtres, en crèches, en écoles, se dissipe en poussière sous de nuées de phosphore blanc, dans des flots de sang.
Le vote aux élections européennes de ce 7 juin 2009 ne doit pas être un vote pour rien. Un de plus! Ce vote doit être un vote utile. Un vote permettant d’envoyer siéger à l’Assemblée européenne un nombre grandissant de députés engagés à défendre les intérêts des travailleurs, sur des positions de principe, mais aussi les intérêts moraux, et pas seulement matériels, de tous ceux qui, venus de cet autre côté de la Méditerranée qui ne saurait être ou devenir un au-delà d’un mur d’indifférence, de haine ou d’incompréhension mutuelle, sont attachés aux valeurs historiques de l’Europe : si elles sont bien celles de l’Europe, de la chaleur du soleil qui éclaire mais aussi réconforte, de la clarté des principes et d’une continuité historique et culturelle puisant aux sources du rationalisme d’Athènes, du christianisme, et de l’islam, comme de la tradition du « judaïsme des Lumières » - qu’Israël renie et prostitue de jour en jour, et de massacre en massacre.
, des « socialistes » européens, dans leur majorité, l’Union Européenne avait décidé un « rehaussement » , honteux, de ses relations, déjà compromettantes, avec l’Israël de l’apartheid, peu de temps avant les massacres de Gaza - à qui cette décision donnait le feu vert… Principal pourvoyeur de fonds à l’Autorité palestinienne, avec la bagatelle de 486 millions d’euros d’aides diverses en 2008, l’Europe «n’est pas simplement là pour payer la casse», déclarait, après les bombardements de l’agence de l’ONU (UNWRA) à Gaza, le commissaire européen à l’Action humanitaire, Louis Michel.Il faut maintenant aller plus loin.
Il est temps pour l’Europe de se décider, enfin, à geler toute relation avec Tel Aviv, tout en poursuivant, bien entendu, l’aide financière à l’embryon de pouvoir d’Etat palestinien et aux populations en désarroi qu’il représente, et à maintenir ce gel, plus efficace que les actions de boycott, sympathiques, mais, à ce jour, strictement symboliques, réalisées ici ou là par les associations de soutien à la Palestine:
- jusqu’au gel effectif de toute colonisation dans les territoires occupés
- jusqu’au démantèlement de ce « mur de la honte », insulte toute particulière à la mémoire européenne, marquée par un autre mur…-
- jusqu’à la levée complète de l’infâme blocus du camp de concentration à ciel ouvert de Gaza
- jusqu’à la signature, enfin, d’un accord de paix reconnaissant le droit des Palestiniens à avoir leur Etat - à vivre, donc, selon les normes démocratiques, antitotalitaires, antiracistes, antifascistes, que nous avons tous, en principe, en partage, sans discrimination d’origine, de « race » ou de religion:
principes qu’un accord de cette nature, pour devenir définitif, enracinant la paix et la prospérité dans le temps long, devrait étendre, bien entendu,aux Palestiniens musulmans, chrétiens, ou athées, vivant en Israël, réfugiés de 1948, de retour, compris?
C’est pour ma part le mandat que je donne au Front de Gauche, et à Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, ami de la Palestine, son chef de file.
envoyé par Jean-Pierre WENGER :
« L’AVENIR »»
Par Victor HUGO
Au vingtième siècle, il y aura une nation extraordinaire.
Cette nation sera grande, ce qui ne l’empêchera pas d’être libre.
Elle sera illustre, riche, pensante, pacifique, cordiale au reste de l’humanité. Elle aura la gravité douce d’une aînée. Elle s’étonnera de la gloire des projectiles coniques, et elle aura quelque peine à faire la différence
entre un général d’armée et un boucher ; la pourpre de l’un ne lui semblera pas très distincte du rouge de l’autre. Une bataille entre Italiens et Allemands, entre Anglais et Russes, entre Prussiens et Français, lui
apparaîtra comme nous apparaît une bataille entre Picards et Bourguignons. Elle considérera le gaspillage du sang humain comme inutile. Elle n’éprouvera que médiocrement l’admiration d’un gros chiffre d’hommes
tués. [...].
Elle trouvera bête cette oscillation de la victoire aboutissant invariablement à de funèbres remises en équilibre, et Austerlitz toujours soldé par Waterloo. [...].
Elle aura la suprême justice de la bonté.
Elle sera pudique et indignée devant les barbaries. La vision d’un échafaud dressé lui fera affront. Chez cette nation, la pénalité fondra et décroîtra dans l’instruction grandissante comme la glace au soleil levant. La circulation sera préférée à la stagnation. On ne s’empêchera plus de passer. Aux fleuves frontières succéderont les fleuves artères. Couper un pont sera aussi impossible que couper une tête. [...]. Les initiatives en éveil et en quête feront le même bruit d’ailes que les abeilles. [...].
Unité de langue, unité de monnaie, unité de mètre, unité de méridien, unité de code ; [...] ; plus d’oisiveté l’arme au bras ; les quatre milliards que coûtent annuellement les armées permanentes laissés dans la poche
des citoyens ; la paix, déesse à huit mamelles, majestueusement assise au milieu des hommes ; [...] partout la dignité de l’utilité de chacun senti par tous ; [...] ; l’égalité sortant toute construite de l’instruction gratuite
et obligatoire ; [...] ; le châtiment remplacé par l’enseignement ; la prison transfigurée en école ; l’ignorance, qui est la suprême indigence, abolie ; [...].
Nulle part l’entrave, partout la norme.
Le collège normal, l’atelier normal, l’entrepôt normal, la boutique normale, la ferme normale, le théâtre normal, la publicité normale, et à côté la liberté. La liberté du coeur humain respectée au même titre que la
liberté de l’esprit humain, aimer étant aussi sacré que penser. [...] ; l’industrie engendrant l’industrie, les bras appelant les bras, l’oeuvre faite se ramifiant en innombrables oeuvres à faire, un perpétuel recommencement
sorti d’un perpétuel achèvement, et, en tout lieu, en toute heure, sous la hache féconde du progrès, l’admirable renaissance des têtes de l’hydre sainte du travail. Pour guerre l’émulation. L’émeute des
intelligences vers l’aurore.
L’impatience du bien gourmandant les lenteurs et les timidités. Toute autre colère disparue. Un peuple fouillant les flancs de la nuit et opérant, au profit du genre humain, une immense extraction de clarté. Voilà quelle sera cette nation.
Cette nation aura pour capitale Paris, et ne s’appellera point la France ; elle s’appellera l’Europe. Elle s’appellera l’Europe au vingtième siècle, et, aux siècles suivants, plus transfigurée encore, elle s’appellera l’Humanité.
L’Humanité, nation définitive, est dès à présent entrevue par les penseurs, ces contemplateurs des pénombres ; [...]. Vision majestueuse. [...]. Le continent fraternel, tel est l’avenir. Qu’on en prenne son parti, cet immense bonheur est inévitable1. [...].
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1 HUGO Victor, Paris chap I, éd. Robert Laffont, Paris, 1985EUROPE de Jean-Pierre Wenger
L’abeille industrieuse
Ne revient plus chez elle ;
L’espérance précieuse
A perdu sa nacelle.
Europe ne séduit
Plus le prince des dieux,
Son fard pesant traduit
Un ennui plus qu’odieux.
Ne verse pas aux fleurs
Le satin de tes pleurs.
Pourquoi donc hésiter
À la claire fenêtre ?
Car l’azur te pénètre
D’une immense clarté.
Wenger J.-P., Suresnes, 23-09-2008
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