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contributions MPEP-PCF-PG-GU
Intervention de Michèle Dessenne, porte-parole nationale du M’PEP, au banquet organisé par le Front de Gauche à Suresnes (92), le 29 mars, aux côtés de Patrick Le Hyaric (PCF) et Eric Coquerel (PG).
Mesdames et messieurs, chers amis et camarades,
Faire face au capitalisme néolibéral et au libre-échange, à la crise sociale et environnementale et du productivisme, est une urgence. Et pour faire face efficacement, nous avons besoin d’un Front de gauche.
Nous avons besoin d’un front de gauche, d’une vraie gauche, à la fois anticapitaliste, capable de résister et de lutter aux côtés de la classe ouvrière et des employés, comme des petits artisans et des privés d’emploi. Une gauche fière de l’être qui assume et transmet son histoire et qui regarde vers l’avenir. Une gauche qui mène un combat acharné pour l’égalité, entre chacun et chacune, pour l’égalité entre les peuples. Une gauche internationaliste qui n’abdique pas, ne renonce ni à la souveraineté populaire, ni à la laïcité comme principes d’égalité et d’émancipation.
Une gauche qui protège et inscrit les droits au cœur de ses objectifs : santé, retraite, logement, emploi et même plein emploi. Une gauche qui ouvre de nouveaux droits, les inscrit dans les textes et dans les faits et qui a le courage de les rendre opposables. Une gauche qui a la rage au ventre et les pieds sur la terre. Une gauche de cœur et de raison. Une gauche qui n’a pas peur de prononcer des mots encore tabou il y a peu : nationalisation, réindustrialisation, suppression des délocalisations, planification, nouvelle répartition de la valeur ajoutée, récupération des milliards captés par les actionnaires et leurs multinationales sur le travail des salariés, suppression des paradis fiscaux, socialisation des moyens de production.
Une gauche solidaire et coopérative, celle qui sait tricoter les liens pour être efficace, qui se raccorde au peuple, qui sait tisser des alliances. Une gauche qui veut gagner, qui veut gouverner, qui ne se réfugie ni dans le slogan, ni dans la compassion, ni dans la charité. Une gauche qui porte l’étendard de l’émancipation, qui œuvre pour le progrès technique et scientifique sans en faire des objets de croyance aveugle. Une gauche populaire et exigeante qui décrypte, qui explique, qui associe, qui s’affronte à la complexité, qui crée de l’intelligence collective, qui politise.
La gauche dont on est fier de dire le nom, parce qu’elle est une belle part de l’identité de chacun-e de nous.
Pour toutes ces raisons, et d’autres encore que vous connaissez aussi, nous avons le devoir de construire un Front de gauche maintenant, sans attendre d’autres échéances. Nous avons vécu avec passion et enthousiasme la formidable campagne de 2005 qui a conduit à un NON retentissant au TCE. Ainsi, quatre ans plus tard, les élections européennes de juin 2009, ont un caractère particulier. Elles sont l’occasion de dire 4 fois NON et 3 fois OUI.
· Non au traité de Lisbonne, frère jumeau du TCE.
· Non aux listes et aux partis qui ont vendu la souveraineté populaire du vote des Français en ne faisant pas barrage au Traité de Lisbonne lors du congrès de Versailles l’année dernière.
· Non à Nicolas Sarkozy et à sa politique antisociale et de soutien au patronat.
· Non au caractère antidémocratique de l’Union européenne.
Mais aussi :
· OUI à une véritable union construite entre tous les peuples et nations du continent européen.
· OUI à l’union de la gauche de gauche à l’échelle européenne.
· OUI à l’union de la gauche de gauche en France !
Les élections européennes, nous devons réussir à en faire un moment de débat, de politisation et d’expression du pouvoir populaire par les urnes. D’autant qu’elles ont lieu dans un contexte de luttes sociales larges, diversifiées et très souvent unitaires. Les 29 janvier et 19 mars en sont une démonstration éclatante avec plusieurs millions de manifestants à l’appel des syndicats.
Or nous savons que les politiques de l’Union européenne sont déterminantes au quotidien. La transposition des directives européennes constitue 70% au moins de l’activité parlementaire française !
C’est au nom de l’Europe que le travail de nuit des femmes a été rétabli en France, que les aides d’Etat à la production sont interdites, que EDF, France Télécom ont été privatisées, que la Poste l’est déjà pour une grande part, que les services publics sont attaqués au prétexte qu’ils seraient une spécificité française. L’Europe les faisant disparaître au profit des Services d’intérêt économique général, les ouvrant ainsi au privé. Au nom de l’Europe encore que l’hôpital public est livré à de fumeux partenariat public privé.
Encore et toujours au nom de l’Europe que les nouvelles variétés de maïs génétiquement modifiés refont leur entrée. Et même si le Conseil des ministres de l’Environnement a rejeté le 2 mars 2009 la demande formulée par la Commission européenne de lever les moratoires hongrois et autrichien sur l’interdiction sur le mais MON810 de Monsento, il faut savoir qu’une proposition rejetée par le Conseil peut revenir une seconde puis une troisième fois. Ainsi, si la France ne parvient pas à réunir une majorité qualifiée lors des prochaines demandes de lever des interdictions d’OGM, il faudra sans doute faire de la désobéissance européenne. En clair, un gouvernement de vraie gauche n’aurait d’autre choix que de refuser de transposer une directive allant contre la volonté du peuple et ainsi de désobéir à l’Union européenne.
Mais attention à la confusion et même à l’imposture. Il ne faut pas confondre les mots. Ce n’est pas l’Europe qui dicte sa loi. C’est l’Union européenne. C’est-à-dire le contrat de libre-échange boosté par le patronat et ses lobbies et par les partis libéraux et pro-capitalistes, qui est en cause.
Le Front de gauche veut changer d’Europe. Oui changer d’Europe. Un objectif et un mot d’ordre qui retentissent comme un appel à refonder toute la construction européenne, sa conception même. Le M’PEP partage cet objectif et cette volonté de construction d’une Europe des peuples et de la coopération, de la solidarité et de l’égalité. Une Europe qui n’a pas grand chose de commun avec l’Union européenne imposée depuis des décennies, véritable cheval de Troie de la mondialisation néolibérale.
Il y a quelques semaines, j’entendais lors d’un débat à la télévision Jean-Luc Mélanchon, figure du Parti de Gauche, affirmer avec talent que l’Union européenne n’est pas démocratique. Benoit Hamon, porte parole du PS, qui était assis près de lui, n’a pas su lui répondre. Et pour cause ! Benoit Hamon a fait campagne avec de nombreux militants socialistes pour le NON au TCE. Aujourd’hui, l’aile dite de gauche du PS, semble avoir oublié les raisons qui l’ont conduite à s’opposer à leur direction de l’époque. Ainsi Benoit Hamon s’est-il contenté de baisser la tête et de rester sans voix.
Les composantes du Front de Gauche n’ont pas oublié leurs arguments contre le TCE : son caractère antidémocratique, son ficelage aux politiques de libéralisation qu’il contenait. Nous sommes cohérents en affirmant que le traité de Lisbonne est le copié collé du TCE, l’aspect constitutionnel en moins.
Nous ne baissons ni la tête ni les bras. Nous continuons la bataille, dans la rue et des urnes.
Mais il est vrai que le Front de Gauche n’a pas emprunté une route facile. Il lui faut faire face à de nombreux adversaires : la raillerie de la gauche sociale-libérale, la prétention et le mépris de la droite, Sarkozy en tête, le pseudo humanisme du MoDem, la pernicieuse alliance d’un Cohn-Bendit européiste et ouiste et d’un José Bové ancien candidat altermondialiste aux présidentielles de 2007. Et enfin, il ne faut pas le négliger, le perfide antimondialisme nationaliste de l’extrême-droite du Front national qui n’a pas disparu.
Il faudra aussi faire face à l’abstentionnisme, car les Français ne ressentent ni les bienfaits de l’Union européenne, et on les comprend, ni la possibilité concrète de peser sur ses politiques notamment en raison de ses institutions opaques.
Enfin, le plus regrettable serait que la gauche de gauche ne trouve pas les ressources pour construire ce front indispensable pour tracer des pistes de changement économique, social et démocratique urgent pour l’écrasante majorité des citoyens de notre pays.
Alors, décidemment, au nom de l’urgence sociale, et en particulier pour celles et ceux qui prennent la crise en pleine face, qui souffrent de l’injustice du système capitaliste, le Front de gauche est une urgence.
Il se construira avec les citoyens, qui, la tête haute, veulent prendre en main la vie de la cité, pour eux et pour les générations à venir.
Le 7 juin 2009, par un vote Front de Gauche, nous exprimerons à la fois notre colère, notre combativité et notre volonté de changer d’Europe !
Treize propositions pour changer l’Europe et le monde.
Par Patrick Le Hyaric
Directeur de l’Humanité Dimanche
1/ Pourquoi seulement un G20 ?
L’ampleur de la crise globale, civilisationnelle qui enserre le monde, nécessiterait de convoquer, sous l’égide de l’ONU, une conférence mondiale, associant élus nationaux et continentaux, organisations politiques et syndicales, associations, mouvement écologiste pour élaborer des réponses progressistes aux crises en cours et de rebâtir les institutions internationales, du Fond Monétaire International à l’organisation Mondiale du commerce, aux missions de la Banque Mondiale et de l’OTAN, qui n’a plus de raison d’être. L’heure est à changer le monde, pas à aménager le capitalisme en faillite.
2/ Orienter l’argent vers le développement des capacités humaines.
C’est le pillage du travail qui a produit la crise. Celui-ci se manifeste par la pression à la baisse sur les salaires, le chômage, la flexibilité et la précarité. Il faut inverser cette tendance.
Les richesses que s’accapare le capital, devraient servir à la satisfaction des besoins généraux de la société, à augmenter les salaires, les retraites, les niveaux de protection sociale, à sécuriser le droit au travail.
Un crédit sélectif, de la localité au monde, doit servir ces objectifs. Les banques doivent être mises en réseau et nationalisées pour certaines d’entre elles et la Banque centrale européenne doit être sous contrôle public pour mettre en œuvre le crédit utile aux êtres humains, aux territoires, à la recherche, au développement durable.
La fiscalité européenne et mondiale doit être harmonisée pour taxer plus le capital, la spéculation et les mouvements de capitaux et moins le travail.
3/ Contre la concurrence, la solidarité avec des services publics nationaux, européens, mondiaux.
L’efficacité c’est un monde solidaire, un monde de justice.
Le concept de « marché ouvert où la concurrence est libre » du traité de Lisbonne, est mortifère. A l’opposé, il faudrait considérer que ce qui est indispensable à la vie : l’eau, l’énergie, la santé, les transports, l’argent du crédit, la Poste, les télécommunications, l’éducation, la culture, les semences végétales, le droit à la protection sociale et au logement, etc… comme des biens communs de l’humanité. Pour les faire vivre, il est indispensable de mettre fin à l’appropriation privée, mais envisager une appropriation sociale pour de nouveaux services publics, gage d’accès de toutes et tous aux biens communs humains.
4/ Contre la concurrence, la coopération pour sauver la planète.
La marchandisation, la guerre économique mondiale, mettent en péril les équilibres écologiques. L’objectif de sauver la planète doit faire reconsidérer certaines activités à l’aune de l’objectif écologique, de la construction automobile, aéronautique, du bâtiment, etc. Ce sont de nouveaux services publics, nationaux, européens et mondiaux, avec des pouvoirs de gestion des salariés, des usagers qui le permettront. Une telle révolution appelle la souveraineté des Etats et des peuples sur leurs ressources, leurs économies. De telles souverainetés peuvent être partagées dans le cadre de la communauté européenne ou entre continents dans le cadre de coopération et de mutualisation des coûts des grands projets.
5/ S’attaquer aux paradis fiscaux.
On fait beaucoup de bruit sur les paradis fiscaux. Ceci n’est que discours tant que l’une des pierres angulaires du traité de Lisbonne est « la liberté totale de circulation des capitaux ». Les paradis fiscaux contiennent l’équivalent du tiers de la valeur des richesses produites dans le monde et sont utilisés pour la spéculation.
Ils doivent êtres déclarés internationalement hors la loi. L’Union Européenne doit être le fer de lance de ce combat.
6/ Taxer les mouvements de capitaux spéculatifs.
Un prélèvement de 0,1% des opérations de change, procurerait des recettes pouvant être consacrées à l’aide au développement.
Une taxe sur les investissements directs extérieurs, devrait contrecarrer l’évasion fiscale entraînée par la mobilité des capitaux et la destruction des droits fondamentaux des travailleurs dans les pays qui les accueillent. Il serait indexé sur une « notation » attribuée par le Bureau International du Travail qui prendrait en compte le respect des droits fondamentaux des travailleurs (droits syndicaux, travail des enfants, travail forcé, etc).
7/ Changer les statuts et les missions de la Banque centrale européenne.
La Banque centrale européenne doit être placée sous contrôle public, servir l’intérêt général, le développement durable, l’emploi, les formations, le développement d’un grand programme de recherche, un plan audacieux d’infrastructures (transports, bâtiments et logements à haute qualité environnementale, énergie). Elle doit être au service d’un nouveau crédit utile et non de celui des marchés. L’euro doit être géré à partir de ces objectifs et non celui d’attirer des capitaux pour la spéculation, tout en poussant à exporter des productions industrielles.
Le corset du pacte dit de « stabilité européen » est une arme contre les dépenses publiques utiles. Il doit être remplacé par un pacte européen pour le progrès social et l’emploi.
8/ Transformer les institutions internationales.
Un débat public et démocratique doit être lancé pour transformer le Fonds monétaire international et l’Organisation mondiale du commerce. Il est inadmissible que le FMI soit recapitalisé ces jours-ci avec des centaines de milliards de dollars, sans une réforme et un contrôle démocratique de cette institution.
L’Organisation mondiale du commerce (OMC) doit être remplacée par une instance dépendant d’une ONU rénovée, favorisant l’échange équitable, la mise en place de nouveaux mécanismes distributifs pour le financement des biens communs de l’humanité accessible à tous, l’annulation de la dette des pays pauvres.
9/ Assurer la stabilité des prix des matières premières.
Les matières premières ne doivent plus être l’objet de la spéculation, particulièrement l’énergie, l’eau et l’alimentation. Et il est indispensable de veiller à un usage renouvelable et rationnel des ressources naturelles, sans pillage des richesses des pays en voie de développement.
10/ Contre le surarmement et la guerre, l’argent pour les œuvres de vie, suppression de l’OTAN.
Des masses considérables d’argent sont aujourd’hui gaspillées dans la guerre et le surarmement. Transférons ces masses d’argent pour les œuvres de vie, l’éducation, la santé, la lutte contre la faim.
Il faut continuer à agir pour que la France ne soit pas partie prenante du commandement militaire intégré de l’OTAN. Là encore, le traité de Lisbonne qui prévoit d’aligner la politique européenne de défense sur le bouclier nord-américain doit être refusé.
11/ Solidarité mondiale.
Un plan mondial d’action pour éradiquer la faim dans le monde et permettre l’accès à l’eau potable de chaque individu sous l’égide de l’ONU doit être élaboré en utilisant une partie du prélèvement sur les transactions financières et la réduction des dépenses d’armement.
Il en faudrait 30 milliards pour éradiquer la famine. La crise capitaliste a fait perdre des centaines de milliards d’euros. Le concept de sécurité alimentaire, à partir d’une agriculture paysanne, doit être mis en œuvre.
12/ Coopération avec une monnaie commune mondiale.
Les dirigeants nord-américains viennent de refuser la proposition de la Chine de créer une monnaie de réserve mondiale, parce qu’ils veulent pérenniser leur domination avec le roi dollar pour qu’il continue de jouer le rôle de monnaie mondiale. Or, pour une coopération de sortie de crise, il est indispensable de créer une monnaie commune mondiale.
Ainsi on permettrait de maîtriser à l’échelle mondiale l’émission monétaire et de créer des rapports d’échanges non spéculatifs. Gérée par un Fonds monétaire international démocratisé, où tous les peuples auraient voix au chapitre, cette monnaie servirait à financer, par des prêts sélectifs à long terme, des projets répondant aux besoins humains et environnementaux.
13/ Démocratie locale et mondiale.
Le cœur de tout projet neuf de la localité au monde, doit être irrigué par la généralisation de la démocratie. Démocratie participative et démocratie d’intervention dans toutes les sphères de la société, dans les entreprises jusqu’à la réforme nécessaire des institutions internationales.
De la localité au monde, des mécanismes de contrôle citoyen de l’utilisation des fonds publics, des banques et des institutions financières doivent être crées.
Ne vous laissez pas faire ! par Jacques Généreux, membre du bureau national du
Parti de Gauche
Le 7 juin, Sanctionnez Sarkozy
Votez pour le Front de gauche pour changer d’EuropeQuand vous manifestez contre les politiques libérales qui ont provoqué la crise, Sarkozy vous oppose un souverain mépris et promet de continuer à détruire les services publics, à empêcher la hausse des salaires, à exonérer les riches de tout effort de solidarité. Ne vous laissez pas faire ! D’ici à 2012, le 7 juin est la seule occasion pour sanctionner la politique de la droite qui aggrave la précarité, le chômage et l’injustice au lieu de les combattre.
Quand vous avez dit « non » à l’Europe libérale en mai 2005, l’UMP, le PS et les Verts ont résolu de faire comme si vous n’aviez rien dit ; ils ont soutenu la ratification parlementaire du traité de Lisbonne (strictement identique à celui que les Français ont rejeté). Ce crime contre la démocratie a été organisé par Sarkozy qui a piétiné l’expression populaire, comme il persiste à le faire aujourd’hui face aux légitimes revendications des travailleurs. Ne vous laissez pas faire ! Le 7 juin, c’est le référendum dont Sarkozy vous a privé : redites « non » à l’Europe des marchands, réaffirmez votre exigence d’une autre Europe, sociale, écologique et vraiment démocratique.
Face à la crise, l’Union européenne aurait dû être l’outil qui nous protège. Mais les politiques libérales ont dévoyé le projet européen en imposant une logique de concurrence sans frein, en déréglementant la finance, en encourageant la réduction des bas salaires et la marchandisation des services publics ; elles livrent l’Europe à la guerre économique, à la logique du profit roi qui détruit l’écosystème, dégrade les conditions de travail, aggrave les inégalités et entraîne des crises à répétition. Sarkozy ne veut pas d’un autre traité européen, parce que le fonctionnement actuel de l’Union est précisément celui qui convient le mieux à sa politique rétrograde.
Le Front de gauche se bat au contraire pour changer d’Europe parce qu’il propose de renouer avec le progrès : développement des services publics, planification de la reconversion écologique de nos modes de production, interdiction des licenciements boursiers, augmentation des bas salaires, plafonnement des hauts salaires et des revenus financiers, orientation publique du financement de l’économie, toutes politiques qui exigent de rompre avec le culte européen de la libre concurrence.
Le PS et les Verts vous trompent, quand ils prétendent soutenir le progrès social et écologique tout en acceptant le traité de Lisbonne : celui-ci interdit l’harmonisation sociale et impose la concurrence dans les services publics ; il impose la libre circulation des capitaux, grâce à laquelle leurs détenteurs font un chantage permanent à la délocalisation pour faire passer la rentabilité financière avant toute préoccupation écologique ou sociale.
Entre une gauche molle qui renonce à combattre la logique libérale et une gauche extrême qui refuse de s’unir aux autres forces de progrès, il existe désormais un Front de gauche qui réunit l’essentiel de ceux qui ont mené la bataille pour une réorientation du projet européen en 2005 : des socialistes et républicains rassemblés dans le Parti de Gauche ; le Parti communiste ; la Gauche unitaire (fondée par des militants du NPA rejoignant le Front de gauche”.) ; des militants altermondialistes, écologistes, alternatifs, etc. Ce front est ouvert aux syndicalistes, aux responsables associatifs et à tous les citoyens pour constituer un front populaire qui ouvre un nouvel avenir à la France et à l’Europe dévastées par le libéralisme.
DÉCLARATION DE CONSTITUTION DE GAUCHE UNITAIRE
La gauche se trouve aujourd’hui confrontée à des défis majeurs.
Chaque jour, la crise historique du capitalisme produit des milliers de nouveaux chômeurs, des fermetures d’entreprises et des délocalisations en série, des régressions sociales et des dégradations dramatiques des conditions d’existence du plus grand nombre. Ce qui n’empêche pas la petite minorité d’actionnaires dont l’âpreté au gain a placé la planète tout entière au bord d’une catastrophe, de continuer à s’enrichir cyniquement.
Chaque jour, la construction libérale de l’Europe révèle sa totale faillite. La « concurrence libre et non faussée », l’autorégulation des marchés ou l’indépendance des banques centrales n’ont pas conduit à la « mondialisation heureuse » annoncée par les champions d’un capitalisme sans entraves. Elles dévoilent toujours davantage leur finalité destructrice de conquêtes sociales et démocratiques fondamentales.
Chaque jour, la colère sociale gagne en ampleur, l’arrogance d’une droite et d’un patronat de combat devenant insupportable à une société subissant leur politique brutale et inégalitaire. À cet égard, les grèves générales de la Guadeloupe, de la Martinique et de la Réunion pourraient bien être les signes annonciateurs d’une explosion prochaine.
L’exaspération populaire, l’angoisse qui saisit la société, l’ampleur des exigences sociales qui ont fait descendre 2,5 millions de travailleurs dans la rue le 29 janvier et qui en mobilisera sans doute bien d’autres le 19 mars, demeurent toutefois orphelines d’une perspective politique.
Rarement, le besoin d’une réponse vraiment à gauche, pour contester la domination destructrice du capital, se sera à ce point fait sentir.
Englué dans son soutien au traité de Lisbonne, le Parti socialiste se montre incapable de porter une réelle alternative. C’est la raison pour laquelle il importe de renouer le fil brisé du rassemblement de la gauche du « non », qui avait conduit au succès de la campagne de 2005 contre le traité constitutionnel européen. Car, nous le savons bien, aucune des composantes de la gauche de gauche ne peut, isolément, disposer de la crédibilité suffisante.
Hélas, c’est en dépit de ce constat et, surtout, au mépris des enjeux de l’heure, que la direction du Nouveau Parti anticapitaliste vient de fermer la porte à la possibilité d’un rassemblement de la gauche de gauche à l’occasion des élections européennes du 7 juin prochain.
Nous ne pouvons accepter une décision si lourde de conséquences. Nous ne pouvons nous résigner à voir une fois encore détruite la possibilité d’une convergence où chacun puisse, sans gommer ses spécificités, défendre une politique alternative au néolibéralisme dont la faillite planétaire n’est plus à prouver.
Nous décidons donc de nous engager dans le processus de constitution du « Front de gauche pour changer d’Europe », seule tentative existante de faire surgir une réponse unitaire aux aspirations des classes populaires. Nous souhaitons son élargissement sans exclusives à toutes les composantes de la gauche de transformation sociale et écologiste
Au printemps, c’est notre conviction, une nouvelle perspective radicale peut voir le jour, porteuse d’une ambition majoritaire au sein de la gauche, commençant de ce fait à changer la donne politique, se faisant l’écho des recompositions qui s’amorcent sur notre continent. D’un même mouvement, des millions d’hommes et de femmes doivent pouvoir émettre un vrai vote de gauche. Un vote pour sanctionner la Sainte-Alliance du pouvoir sarkozyste et d’un patronat de combat. Prolonger politiquement les mouvements sociaux. Défendre les mesures d’urgence anticapitalistes qui s’imposent pour protéger le monde du travail des retombées de la crise. Dessiner les contours d’une autre Europe, au service des peuples et leur permettant d’exercer enfin leur souveraineté.
L’Europe que nous voulons placera la satisfaction des besoins sociaux au cœur des politiques publiques. Elle se réappropriera le système bancaire et le crédit, redistribuera radicalement les richesses au moyen d’une harmonisation sociale et fiscale, reviendra sur les privatisations et réhabilitera les services publics. Elle instaurera une planification écologique afin de sauver la planète. Elle sera celle des droits et de la diversité, de l’égalité entre hommes et femmes, du combat contre toutes les discriminations et la précarité. Elle reconnaîtra la liberté de circulation, régularisera les sans-papiers, accordera le droit de vote à tous ses résidents. Elle défendra une démarche de paix par la rupture avec l’Otan. Elle s’ouvrira au Sud et mettra en œuvre une vraie politique de codéveloppement.
Soucieux de prendre nos responsabilités en un moment crucial, par-delà nos histoires particulières, nous appelons celles et ceux qui partagent nos convictions à rejoindre notre démarche. Qu’ils soient issus du Nouveau Parti anticapitaliste ou qu’ils aient simplement espéré que celui-ci aiderait au renouvellement des pratiques dans le mouvement ouvrier, qu’ils aient milité dans d’autres formations politiques, qu’ils soient syndicalistes ou animateurs du mouvement associatif, qu’ils se considèrent comme des citoyens en quête d’une gauche réellement à gauche, nous les appelons à agir avec nous.
Nous constituons, ce 14 mars 2009, le mouvement Gauche unitaire, qui sera désormais l’une des composantes du « Front de gauche ».
Gauche unitaire est un cadre collectif qui entend apporter sa contribution à la construction d’une dynamique militante et populaire autour de ce front.
Au-delà des élections européennes, Gauche unitaire sera animée de la volonté que la gauche anticapitaliste devienne une véritable force politique, à même de disputer au Parti socialiste la prépondérance dont il bénéficie par défaut. Elle agira comme vecteur de débats, force de proposition, trait d’union d’un rassemblement durable à même de changer le rapport des forces à gauche.
Gauche unitaire portera dans ce cadre l’ambition de faire émerger, dans l’avenir, un parti large et pluraliste, rassemblant l’ensemble des forces, courants et militants souhaitant défendre ensemble la perspective d’un socialisme démocratique. Elle agira dans ce cadre, avec toutes celles et tous ceux qui le voudront, afin de créer les conditions d’un gouvernement qui prenne de réelles mesures de rupture avec les logiques capitalistes et libérales, se distinguant ainsi radicalement des alternances du passé.
L’enjeu est donc bien décisif : il est de faire exister une alternative pour les luttes et pour les élections, autrement dit de faire renaître un espoir.


